Un Chênois à l'honneur
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Il y a cent ans, le 28 mars 1926, la presse locale se fit l'écho de l'honneur réservé à un jeune Chênois de 27 ans par Paul Painlevé, ministre de la Guerre. Une lettre de félicitations, signée de sa main, venait de parvenir, quelques jours plus tôt, à Gilbert Le Tilly, dévoué moniteur d'éducation physique et de préparation militaire de la Vaillante de Vertou.

Habitant du Chêne, Gilbert gagna d'abord sa vie comme jardinier, travaillant à la journée, puis comme « ouvrier en conserves alimentaires » chez Cassegrain, route de Clisson. Très tôt il consacra son temps libre aux différentes activités proposées par le patronage Saint Martin puis par la Vaillante de Vertou dont il fut l'un des fondateurs et le premier secrétaire en 1921.
Partie prenante de toutes les « aventures » de ce qui fut d'abord une simple « Société de gymnastique », il s'illustra aussi bien dans les concours de tir, dans la formation des tambours de la fanfare que sur les planches comme comédien et chanteur. Dans les années 1930, ce boute-en-train, célébré par la presse locale comme un « grand comique », était connu bien au-delà des limites de la commune pour ses monologues et ses facéties burlesques... Beaucoup plus tard, Gilbert Le Tilly deviendra même président de la Vaillante, de 1952 à 1964.
Petit-fils de Jean Bureau, maire de Vertou entre 1881 et 1885, et beau-frère du célèbre officier-mécanicien Célestin Gicquel, Gilbert Le Tilly est issu d'une grande famille de marins mêlant les Bureau du Chêne et les Ertaud de Trentemoult.
Né à Assérac en 1899, il n'arrive au Chêne que vers l'âge de 9 ans. Il y passe sa jeunesse auprès de sa grand-mère, Ernestine Ertaud veuve Bureau, et de trois de ses huit frères et sœurs. Après la Grande Guerre, Gilbert restera au Chêne avec sa mère, une autre Ernestine, devenue veuve en 1920, jusqu'à son mariage, en 1934. Il épouse alors une Goulainaise, Marie Sécher, et habite au Frêne-Rond avant de s'installer au bourg de Vertou, "route de la Gare" (actuelle rue du 11 Novembre). Gilbert Le Tilly s'éteindra en 1978, deux mois et deux jours après son épouse...
Je le revois encore, dans mes souvenirs d'enfance, descendre avec souplesse de son improbable « cyclorette » verte en bas du Chemin du Moulin d'où il rejoignait le grand jardin qu'il possédait dans la Doussinerie, sur les basses pentes ensoleillées du coteau, ou les petits carrés dont il avait hérité dans les Grandes Ouches... C'était au tournant des années 1960-70 et il profitait alors de sa retraite pour renouer, presque chaque jour à la belle saison, avec ce qui avait été son premier métier. Sa « journée » accomplie, nous l'observions discrètement, admiratifs, relancer sa machine et sauter prestement sur elle avec l'élégance du gymnaste que, malgré l'âge, il était resté.
Mis en ligne le 24 mars 2026

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